La Taverne de Coeur de Chêne

"Je suis moi même la matière de mon blog", Montesquieu (s'il avait eu Internet)

28 mars 2007

300

300_couvComment ça ? J'annonce un film et voila que je mets en image la couverture d'un livre... Eh bien oui. Ce film est tiré de ce roman graphique de Frank Miller, le créateur également de Sin City (adapté en film il y a peu). Et pour bien commencer, je dirais que le livre, comme le film, sont deux chefs d'oeuvres esthétiques et graphiques.

L'histoire ? Nous sommes en 480 av. J.-C. La Grèce n'existe pas. Ou plutôt, le territoire grec est constitué de Cité-Etats perpétuellement en guerre dont la seule volonté est d'imposer la suprématie de l'une sur l'autre. En face, l'Empire Perse est puissant. D'abord Darius, puis Xercès (le méchant de l'histoire) tentent d'envahir la Grèce pour étendre leur empire. Cette fois, Xercès est prêt, il débarque avec des millions d'hommes et compte bien réussir.
Sparte, la même année. Le roi Léonidas est pris au piège des traditions et des lois. Sa conscience lui dicte de partir à la guerre, les circonstances s'y opposent. On ne bafoue les fêtes des dieux en vain... Mis au pied du mur, il part tout de même à la bataille contre la volonté des Ephores et de l'oracle. Il part avec 300 hommes, sa garde personnelle, un corps d'exception.
Les Thermopyles, les Portes Chaudes, tout va se jouer là. Une poignée d'hommes libres, fiers, défendant leurs terres et leurs maisons avant tout, contre une marée d'envahisseur Perse, déferlant sur les côtes grecques. La victoire est assurée, mais est-elle vraiment dans le camp que l'on croit ?

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Voici une BD de très belle facture. Le dessin est rapide et précis, sec, violent. Le film l'est tout autant. Basé sur l'oeuvre de Miller, 300 replace néanmoins la bataille des Thermopyles dans son contexte historique, ce qui permet au néophyte de se repérer. Par contre, le public averti regardera avec plaisir les quelques plans de cité que l'on aperçoit, les coiffures et les habits. Les historiens se délecteront du spectacle de la phalange hoplitique en action (magnifique, vraiment) et de quelques stratégies de bataille au rendu superbe.
Les Perses ne sont pas en reste, tout harnachés d'or, enchaînés de la tête au pied... le résultat est pour le moins dérangeant. Graphiquement, le film prend largement appui sur le découpage de la BD de Miller. Les cadrages sont des cases de dessin où le réalisateur fait jouer ses personnages, le tout sur une palette tricolore noire, rouge et ocre.

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300La musique est signée Tyler Bates que l'on connaît pour les musiques de L'Armée des morts (du même réalisateur) ou de Street Dancers, de Christopher Stokes. Pour 300, il compose une partition magistrale aux accents héroïques. La musique porte le film autant que les plans de la caméra et fait baigner le spectateur dans une ambiance d'épopée.


Ce film a-t-il des points faibles ? euh... certainement... Sans parler de points faible, mais juste à signaler quand même, une certaine lourdeur dans l'utilisation du ralenti. Ce procédé fort utile sert magnifiquement le spectateur lors des batailles où son attention peut se focaliser sur une seule action à la fois. En cela, le film diffère des blockbusters de guerre ou de films comme Kingdom of Heaven où les scènes de bataille pour être violentes n'en étaient pas moins trop rapide pour l'oeil et l'on finissait par éprouver une sensation de nausée, moins à cause du sang que de la caméra qui bouge en tous sens. Ici, point de nausée. La caméra prend le temps de suivre les actions, ralentit, repart, ralentit... trop. Au bout d'un moment l'effet de plaisir s'atténue et on se lasse.

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Enfin, et pour finir, je saurai que trop recommander de prendre le temps de lire la BD de Miller pour la comparer au film. Les deux sont superbes et valent le détour.

Donc, bonne lecture et bon film !

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30 janv. 2007

Le Dernier Samouraï

Depuis un moment déjà je voulais mettre un commentaire sur ce film, l'occasion se présente maintenant que je l'ai revu récemment et que j'ai pu en parler au cours d'un débat organisé avec des amis...

Dernier_SamouraiTout d'abord, l'histoire. En quelques mots, il s'agit de celle de Nathan Algren, soldat de l'armée américaine torturé par les actes de barbarie commis à l'encontre des indiens. Nous sommes en 1876. Connu pour un ouvrage sur les tactiques militaires, il est engagé par monsieur Omura, ministre de l'Empereur du Japon. Le Japon connaît une guerre civile, à cause de l'ouverture de ses frontières, entre les partisans du modernisme et les gardiens de l'Ancien Code du Bushido, les Samouraï. Après une bataille perdue, Algren est fait prisonnier par le chef des rebelles, Katsumoto et au cours des 6 mois passés en captivité, il prend fait et cause pour ces hommes qui se battent selon leurs idéaux et un code de l'Honneur que la modernité foule aux pieds.

A présent, il convient de faire une mise au point historique... Le réalisateur, Edward Zwick, s'est inspiré pour son film de la vie de Jules Brunet, un instructeur d'artillerie français qui démissionne une fois au Japon pour s'allier aux renégats samouraï. Historiquement, la rébellion de 1877 est menée par Takamori Saigo contre l'empereur Meiji et les troupes françaises.

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Ce film m'inspire un certain respect. D'abord pour sa mise en scène de ce Japon du XIXème siècle, une ère particulièrement difficile puisque comme le dit lui même Edward Zwick, le pays a vécu une révolution importante dans sa technologie et sa manière d'appréhender "l'étranger" en seulement une vingtaine d'années. Deuxièmement, la caméra, bien que souvent fixée sur Tom Cruise, parvient à capter des gestes, des regards, des attitudes extrêmement intimes. La découverte de l'univers du village de Katsumoto par Algren est remarquablement rendue, on suit le personnage pas à pas, on sourit à ses tentatives maladroites mais au final on est autant perdu que lui dans cet univers qui nous dépasse avec des codes complexes et parfois dérangeants (accueillir sous son toit le meurtrier de son mari et devoir le soigner tout de même, je connais peu de monde qui le ferai...). Avec cette perspective du regard, il y a aussi les fameuses "conversations" que Katsumoto insiste pour avoir. Là, des idées sur la vie et la philosophie zen s'ébauchent. Pour ma part, j'avoue que j'ai été séduit par plusieurs phrases... Il y a enfin (eh oui, j'y viens) la musique de Hans Zimmer, connu pour ses Bande Originale de Gladiator et du Roi Lion (entre autre). Avec des sonorités nouvelles, il arrive à faire tendre l'oreille pour surprendre une note, happer un soupir, une respiration. Tout comme la caméra, la musique est intime, murmurée souvent, électrisante parfois, facteur d'émotion assurément.

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Quant aux thèmes abordés, il y en a deux qui ont plus particulièrement retenu notre attention lors du débat évoqué plus haut. Le premier est celui de la rencontre de deux mondes, de deux modes de pensées, de deux univers diamétralement opposés, géographiquement, spirituellement, philosophiquement. Et pourtant, des passerelles sont possibles...
Le second est ce déchirement interne provoqué par la rupture progressiste. L'idée sous-jacente tout au long du film est qu'il ne peut y avoir de progrès sans une rupture franche d'avec les traditions et les anciens codes. Le Code du Bushido, la Voie du Guerrier, ce fameux Code d'Honneur du Samouraï, devient alors inutile. Il y a quelque part un parti pris de Zwick lorsqu'il fait le parallèle entre les indiens combattant Custer avec des arcs et des flèches et la bataille finale du film où les samouraï survivant chargent des Gatlings et des canons le sabre au clair. Les deux combats sont démesurés, les deux combats sont perdus d'avance, pourtant le courage de Katsumoto mort au champ d'honneur, comme un guerrier, va ébranler les hommes et forcer leur respect. Finalement, le mot de la fin appartient à l'empereur Meiji qui va établir une sorte d'équilibre entre les traditions et la modernité.

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Au final, il en ressort pour moi un film superbe, mêlant magnifiquement les pistes de réflexion sur notre monde et les valeurs que nous prônons avec le plaisir simple des yeux pour les paysages et les décors ou les costumes. Cette vision n'engage que moi, mais il fait parti des films que je ne me lasse pas de voir, surtout si je peux en parler ensuite.

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08 déc. 2006

Kingdom of Heaven

KingdomEn perdant sa femme et son fils, Balian, un jeune forgeron, a presque perdu la foi. Alors qu'il pleure leur disparition, un chevalier vient le trouver. Godefroy d'Ibelin est un croisé, un baron du roi de Jérusalem ayant pour mission de préserver la paix en Terre Sainte. Il révèle à Balian qu'il est son père et lui demande de l'accompagner jusqu'à la Ville sainte.
Balian accepte, mais Godefroy tombe dans une embuscade. Juste avant de mourir, le père transmet à son fils son titre et ses terres à Jérusalem. Entre la deuxième et la troisième croisade, une paix fragile règne sur la Ville sainte, grâce aux efforts du Roi chrétien, Baudouin IV et à la modération du légendaire chef musulman, Saladin. Les habitants de confession chrétienne, musulmane et juive coexistent pacifiquement. Malade, les jours de Baudouin sont comptés et le fanatisme, l'appât du gain et la jalousie menacent la trêve.
D'une intégrité sans faille et lié par son noble serment, Balian se retrouve en terre étrangère, au service d'un roi déclinant.

Mis à part le fait que c'est un grand réalisateur (Ridley Scott) qui officie derrière la caméra et que la musique (Harry Gregson-Williams) est sublime, l'histoire ancrée dans la réalité m'a interpelée. Compte tenu de ma petite faiblesse pour cet univers chevaleresque et toutes les valeurs qui en découlent, c'est normal, me direz-vous.
Peut-être, mais bon. Je l'assume...
Toujours est-il que la beauté des paysages, les sentiments exprimés, le bonheur de découvrir un autre point de vue sur la culture arabe (alors que le film a été tourné pendant la guerre d'Irak, rappelons-le...) et l'esprit d'ouverture dont fait preuve le héros, sont autant de claques administrées aux gouvernements actuels et aux citoyens fondamentalistes de tous bords.

Vous l'aurez compris, pour moi, c'est rien que du bonheur !!!

Posté par coeurdechene à 09:24 - Films - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 oct. 2006

Kiki

Non, il ne s'agit pas d'éducation sexuelle !

kiki

C'est bel et bien le titre d'un film : Kiki Delivery's Service (pardon pour mon accent franglais).
Je l'ai regardé hier soir pour la première fois et je dois reconnaître que c'est bien du Myiazaki.
Histoire très simple en forme de conte pour enfant, avec les rires et les pleurs de cet âge si délicat. Un petit bémol cependant : je trouve que la fin arrive trop vite...

Posté par coeurdechene à 20:48 - Films - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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